Démarche

Introduction

Depuis les premières traces dans les grottes, l’être humain a toujours essayé de représenter ce qui l’entoure, en utilisant les possibilités que la nature pouvait lui offrir. Ces ancêtres nous ont laissé des signes parfois incompréhensibles pour nous, ou des formes d’un réalisme saisissant.

Notre époque, avec l’apparition de la photo nous laisse une grande palette de possibilités d’interprétation et de création, pour permettre de transmettre des formes, réalistes ou non.

Travailler sur l’actualité est souvent le moteur de mon travail, je regarde le monde et les idées en essayant d’extraire une essence qui peut parler, -peut-être ?- à quelque personnes. L’artiste est un passeur qui essaye de mettre en branle des artifices parfois très simples pour interpeller le spectateur.

Influences.

Nous sommes issus d’une histoire, longue de milliers d’années, et nous puisons parfois dans le passé, parfois dans notre présent, pour développer, avec des moyens et liens actuels qui nous offrent une grande liberté d’expression, une création artistique singulière.

Dans mon cas, j’utilise la trace, le non dit, l’espace vide -à la manière des peintres asiatiques-. En peinture japonaise ou chinoise trois formes de perception sont représentées en même temps et la notion de perspective à la manière occidentale est absente.

J’emprunte à la peinture asiatique : sobriété des couleurs, simplicité des formes, dépouillement.

Aussi Goya pendant sa période noire, est resté en moi comme une trace ineffaçable, un tableau en particulier, « Le chien », est composé de deux plans séparés par une ligne diagonale et au milieu une tête de chien. A son époque ces compositions, pour lui qui avait été persécuté par la « sainte inquisition » étaient un exemple de liberté inouïe. Dans ces tableaux il n’y a rien d’anecdotique, rien pour nous distraire.

Mon expérience dans le travail de création, n’est pas née seulement d’une rêverie ou de l’imagination, mais d’un cocktail d’expériences vécues, d’un intérêt pour ce qui se passe tout près de nous et dans le monde, mais qui nous concerne d’une manière ou d’une autre.

Tous ces éléments me permettent d’exprimer un sentiment profond de ce qui m’entoure et qui parfois me dérange.

Les techniques.

Je reste dans une palette chromatique restreinte, souvent blanc et noir, parfois des couleurs un peu cassées. Papiers japonais ou népalais marouflés. Matières minérales et peinture acrylique ou pigments. Le corps est jusqu’à présent l’élément central de mon œuvre, mais pas seulement.

Par moments la couleur est présente ainsi que la photo.

Installations.

Cette partie est moins fréquente, mais elle est présente et évolue en fonction des problématiques que l’actualité m’apporte pour en faire un sujet. J’utilise des plastiques et autres matières, parfois de déchets, qui peuvent être modulables pour pouvoir les adapter ou évoluer dans des différents espaces d’exposition. Dans ce travail la couleur est beaucoup plus présente. La transparence est aussi un élément important dans mon œuvre plastique et parfois éphémère.

Lola Granell. 2014.